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Norme & chaussures de sécurité EN ISO 20345

Tout ce qu'il faut savoir pour choisir, comprendre et entretenir vos chaussures de sécurité.

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Normes & marquages

La norme EN ISO 20345:2022 et ses niveaux de protection expliqués simplement.

La norme EN ISO 20345:2022 est la norme européenne et internationale qui définit les exigences minimales de sécurité pour les chaussures de protection portées sur le lieu de travail. Elle est harmonisée dans toute l'Union européenne depuis mai 2023 et remplace progressivement la version précédente (2011).

Toute chaussure portant le marquage EN ISO 20345:2022 a satisfait à une batterie de tests rigoureux portant notamment sur la résistance de l'embout aux chocs (200 joules) et à l'écrasement (15 kN), la résistance au glissement, ainsi que la solidité des matériaux. Elle garantit un niveau de protection minimal — le SB — auquel s'ajoutent des exigences complémentaires selon le modèle.

À noter : les certifications de produits (AET — Attestation d'Examen CE de Type) ont une durée de validité de cinq ans. Les derniers certificats délivrés sous la norme 2011 avant la fin de la période de transition (novembre 2024) restent donc valables jusqu'en novembre 2029. Les deux normes coexistent sur le marché jusqu'à cette date.

Les marquages SB, S1, S2, S3 (et S1PS, S3S, S3L, S7S…) désignent des niveaux de protection cumulatifs : chaque niveau inclut les exigences du précédent, auxquelles s'ajoutent des propriétés supplémentaires.

  • SB — Exigences fondamentales : embout résistant à 200 J, résistance à l'écrasement (15 kN), résistance au glissement obligatoire selon le nouveau protocole de la norme 2022 (remplace les anciens tests SRA/SRB), solidité générale des matériaux.
  • S1 — SB + arrière fermé + propriété antistatique (A) + absorption d'énergie au talon (E). La résistance aux hydrocarbures (FO), autrefois obligatoire pour S1, est désormais additionnelle dans la version 2022.
  • S1P / S1PS / S1PL — S1 + semelle antiperforation (voir question dédiée).
  • S2 — S1 + résistance à la pénétration d'eau de la tige (WPA). Convient aux environnements humides intérieurs.
  • S3 / S3S / S3L — S2 + semelle antiperforation + semelle extérieure à relief pour une meilleure adhérence.
  • S6 — Nouveau marquage 2022 : équivalent S2 avec imperméabilité totale WR (membrane ou coutures étanchéifiées).
  • S7 / S7S / S7L — Nouveau marquage 2022 : équivalent S3 avec imperméabilité totale WR.

La hiérarchie est claire : S3/S7 représente la protection la plus complète pour des environnements extérieurs ou à risques multiples, tandis que S1 convient aux environnements intérieurs secs.

La révision 2022 apporte plusieurs changements importants :

  • Antidérapage renforcé : la résistance au glissement devient une exigence obligatoire pour toutes les chaussures selon le nouveau protocole de la norme 2022, qui remplace les anciens tests SRA/SRB. Les anciens marquages SRA, SRB et SRC disparaissent. Le nouveau marquage additionnel SR désigne la résistance à la glisse sur sol carrelé recouvert de glycérine (huile), un test complémentaire réservé aux environnements exposés.
  • Antiperforation : trois marquages distincts (voir question dédiée).
  • Nouveaux marquages S6 et S7 : ils distinguent clairement les chaussures à imperméabilité totale (WR — membrane ou coutures étanchéifiées) de celles simplement résistantes à la pénétration d'eau en tige (WPA).
  • FO devient additionnel : la résistance de la semelle aux hydrocarbures n'est plus obligatoire pour S1, S2, S3. Si votre environnement comporte des huiles ou solvants, vérifiez explicitement la présence du marquage FO.
  • LG : nouveau marquage additionnel pour les chaussures montantes dotées d'un talon décroché adapté à la montée aux échelles.
  • AN : nouveau marquage pour la protection des malléoles.

C'est l'une des évolutions majeures de la norme 2022. Auparavant, un seul marquage P existait pour toutes les semelles antiperforation, quel que soit le matériau. Désormais, trois marquages distincts permettent de savoir immédiatement de quel type de protection il s'agit :

  • P — Insert métallique (acier). Testé avec une pointe à tête tronquée de 4,5 mm sous une force de 1 100 N. Chaussures S1P et S3 classiques. Protection éprouvée, mais conducteur thermique et non compatible avec les environnements soumis aux portiques de détection.
  • PL (Large) — Insert non métallique (textile ou composite), testé avec une pointe de 4,5 mm de diamètre — soit un clou standard. Léger, amagnétique, non conducteur. Adapté aux environnements sans risque de perforation par des objets très fins.
  • PS (Small) — Insert non métallique, testé avec une pointe plus fine de 3 mm. Niveau d'exigence supérieur au PL, conçu pour les environnements exposés à des risques de perforation par des objets très fins (certains chantiers, secteurs particuliers). En contrepartie, les inserts PS sont généralement plus denses et légèrement plus rigides que les PL.

En pratique : si aucun des deux suffixes L ou S n'est précisé, c'est que l'insert est métallique. S3S désigne un S3 avec insert non métallique testé à la pointe fine de 3 mm (PS) ; S3L désigne un S3 avec insert non métallique testé à la pointe large de 4,5 mm (PL).

Sous l'ancienne norme, le marquage SRC indiquait qu'une chaussure avait réussi à la fois le test SRA (carrelage + eau savonneuse) et le test SRB (sol acier + glycérine). Ces deux marquages ont disparu avec la norme 2022.

Avec la norme 2022, la logique change :

  • Un test de résistance au glissement est désormais obligatoire pour toutes les chaussures, selon le nouveau protocole de la norme (sol carrelé, talon et avant-pied). Ce test ne donne plus lieu à un marquage visible : il fait partie des exigences fondamentales.
  • Le marquage additionnel SR remplace partiellement l'ancien test SRB, avec un protocole différent : le test est réalisé sur sol carrelé recouvert de glycérine (et non plus sur sol acier), et couvre désormais le talon et l'avant-pied. Ce changement de support vise à mieux représenter les environnements de travail réels.

En résumé, le marquage SR est une exigence additionnelle utile si vous évoluez sur des sols susceptibles d'être recouverts de graisses ou d'huiles : cuisine professionnelle, agroalimentaire, ateliers industriels.

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Marquages additionnels

Décryptage des sigles qui définissent les protections spécifiques de chaque modèle.

Le marquage CI (Cold Insulation) atteste que la semelle du chaussant isole efficacement contre le froid. Le test consiste à mesurer la chute de température à l'intérieur de la chaussure lorsqu'elle est exposée à une température de −17 °C pendant 30 minutes : la température intérieure ne doit pas baisser de plus de 10 °C au niveau du semelage.

Indispensable dans les environnements réfrigérés (entrepôts frigorifiques, chambres froides, travail extérieur en hiver), le marquage CI prévient les pertes de chaleur par le sol et améliore considérablement le confort lors des longues stations debout.

Le marquage HI (Heat Insulation) certifie que la semelle protège contre la transmission de chaleur ascendante. Le test mesure la montée en température à l'intérieur de la chaussure lorsque la semelle extérieure est exposée à une chaleur soutenue.

Ce marquage est requis pour les métiers exposés à des sols chauds en continu : fonderies, industries verrières, centrales, travaux à proximité de fours ou de surfaces fortement chauffées. À ne pas confondre avec le marquage HRO, qui concerne quant à lui la résistance de la semelle extérieure au contact direct avec une source de chaleur intense ponctuelle (jusqu'à 300 °C pendant 60 secondes).

Là où HI protège contre une chaleur diffuse et continue transmise par le sol, HRO (Heat Resistant Outsole) certifie que la semelle extérieure résiste au contact direct avec une surface à 300 °C pendant 60 secondes, sans se déformer ni se décoller.

Ce marquage est typiquement requis pour les interventions en fonderie, travaux de soudage, pavage ou asphalte à chaud, et tout environnement où la semelle peut brièvement entrer en contact avec une source de chaleur extrême.

Sous la norme 2011, la résistance de la semelle aux hydrocarbures (FO) était obligatoire pour obtenir le niveau S1. La norme 2022 la bascule en marquage additionnel, car la majorité des travailleurs n'est pas en contact prolongé avec des huiles ou solvants pétroliers.

Concrètement, le test FO vérifie que la semelle extérieure ne gonfle pas de plus de 12 % en volume après trempage dans un mélange d'hydrocarbures. Si votre environnement de travail expose régulièrement les semelles à des huiles moteur, carburants, solvants ou graisses industrielles, assurez-vous que le modèle retenu porte bien le marquage FO.

Les deux marquages concernent la gestion de l'électricité statique, mais leur objectif et leur niveau d'exigence diffèrent :

  • A (Antistatique) — Toujours présent dans les niveaux S1 à S3. La résistance électrique est comprise entre 0,1 MΩ et 1 000 MΩ. L'objectif est de protéger le porteur en évitant l'accumulation d'électricité statique pouvant provoquer une étincelle ou un choc.
  • ESD — Norme complémentaire (EN 61340-5-1). La résistance est limitée à 100 kΩ – 35 MΩ, soit une fenêtre bien plus restreinte. L'objectif est de protéger les composants électroniques sensibles manipulés dans des zones EPA (Electrostatic Protected Area) : industrie électronique, semi-conducteurs, haute technologie.

En résumé : une chaussure ESD est toujours antistatique, mais une chaussure antistatique classique (marquage A) n'est pas nécessairement ESD. Si vous travaillez dans une zone EPA officiellement délimitée, la certification ESD est obligatoire.

Le marquage AN (Ankle protection) indique que la chaussure intègre un dispositif de protection des malléoles — les proéminences osseuses de chaque côté de la cheville — contre les chocs latéraux. La norme 2022 a d'ailleurs précisé les dimensions minimales requises pour ce renfort.

Ce marquage est particulièrement pertinent dans les environnements encombrants ou à risques de choc sur les côtés : BTP, manutention, travaux en espace confiné ou métiers exposant les chevilles à des projections latérales.

Introduit par la norme 2022, le marquage LG (Ladder Grip) certifie que la chaussure possède un talon décroché de profondeur suffisante pour une bonne accroche sur le barreau d'une échelle. Ce décrochement permet au pied de se verrouiller sur le barreau lors de la montée ou de la descente, réduisant significativement le risque de glissade.

Ce marquage est principalement utile pour les chaussures montantes destinées aux métiers du bâtiment, à l'électricité, à la maintenance en hauteur ou à tout secteur impliquant l'utilisation fréquente d'échelles.

Le marquage SC (Side Crush / pare-pierres) encadre les sur-embouts ou protections latérales parfois présents sur les chaussures de sécurité montantes. Il certifie que ces éléments de protection atteignent un niveau minimal de résistance à l'abrasion, garantissant leur durabilité dans des environnements exposés à des projections de pierres ou de matériaux abrasifs.

Ce marquage est notamment pertinent pour les chaussures utilisées en carrière, en dallage, sur chantier avec risques de projections latérales.

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Composants clés

Embout, semelle, matière tige : comprendre ce qui compose vraiment une chaussure de sécurité.

Les deux types d'embouts satisfont aux mêmes exigences normatives : résistance à un choc de 200 joules et à un écrasement de 1 500 daN. Le choix dépend de l'environnement de travail, non du niveau de protection :

Embout acier

  • Plus fin à résistance égale — la chaussure conserve un profil plus étroit et plus ajusté.
  • Légèrement plus lourd (autour de 90 g pour une pointure 42).
  • Conducteur thermique : peut devenir inconfortable en environnement très froid ou très chaud.
  • Déclenche les portiques de détection métallique.
  • Ne convient pas aux environnements avec risques électriques (conducteur).
  • Généralement plus économique.

Embout composite (polycarbonate, fibre de verre, fibre de carbone…)

  • Amagnétique, non conducteur de chaleur ni d'électricité — adapté aux zones EPA, aux portiques de sécurité, aux environnements froids.
  • Plus léger (environ 50 à 80 g selon le matériau).
  • Légèrement plus volumineux pour atteindre les mêmes performances — la chaussure est un peu plus large à l'avant.
  • Absorbe mieux les chocs répétés et reprend sa forme après impact (contrairement à l'acier qui peut se cabrer).

Règle de bon sens : si votre environnement comporte des portiques de sécurité, des risques électriques ou des températures extrêmes, optez pour le composite. Pour des environnements classiques avec risques lourds (charges très lourdes, manutention intensive), l'acier reste une valeur sûre.

À noter : après un choc violent (palette, objet lourd), la chaussure doit être remplacée immédiatement quelle que soit la nature de l'embout. L'absorption du choc altère ses capacités de protection, parfois sans déformation visible.

La semelle antiperforation (ou semelle intercalaire) est l'insert placé entre la semelle d'usure et la semelle intérieure pour protéger la voûte plantaire contre la perforation par des objets pointus. La norme 2022 distingue désormais trois types :

Insert métallique (marquage P)

  • Acier traité, très mince.
  • Testé avec une pointe de 4,5 mm sous 1 100 N.
  • Protection éprouvée, mais rigide et conducteur thermique. Incompatible avec les environnements soumis à détection métallique.

Insert textile/composite PL — pointe Large 4,5 mm (marquage PL)

  • Textile ou composite non métallique, testé avec une pointe de 4,5 mm.
  • Léger, souple, amagnétique — meilleur confort au quotidien, idéal pour la logistique, le tertiaire, la grande distribution.
  • Standard le plus répandu pour les environnements sans risque de perforation par des objets très fins.

Insert textile/composite PS — pointe Small 3 mm (marquage PS)

  • Insert non métallique testé avec une pointe plus fine de 3 mm — niveau d'exigence supérieur au PL.
  • Conçu pour les environnements exposés à des risques de perforation par des clous très fins, des éclats ou des objets pointus à petit diamètre (certains chantiers, travaux spéciaux).
  • En contrepartie, la semelle doit être plus dense pour passer ce test : légèrement plus rigide et plus lourde qu'une semelle PL.

Une semelle bi-densité (ou bi-densité polyuréthane) est fabriquée en deux couches de densités différentes injectées lors de la même opération :

  • La couche inférieure (contact avec le sol) est plus dense et dure, pour la résistance à l'usure, l'adhérence et la durabilité.
  • La couche supérieure (contact avec le pied) est plus souple et légère, pour l'absorption des chocs et le confort lors des longues stations debout.

Ce procédé permet de combiner des qualités difficilement conciliables dans une semelle monomatière : robustesse, légèreté et amorti. C'est une technologie courante dans les chaussures professionnelles haut de gamme, notamment celles portées en logistique, industrie ou tertiaire où la durée de port est prolongée.

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Choisir sa chaussure selon son secteur

Les bons critères pour chaque environnement professionnel.

Les environnements de chantier combinent plusieurs risques simultanés : objets tombants, terrain irrégulier, boue, eaux de pluie, risques de perforation. Le niveau minimum recommandé est S3 (ou S3S/S3L selon le type de semelle antiperforation souhaitée).

Les critères essentiels pour ce secteur :

  • Semelle crampon (incluse dans S3) : adhérence sur sols meubles, boueux ou instables.
  • Résistance à la pénétration d'eau de la tige : pour les journées sur terrains humides.
  • Tige montante : maintien de la cheville, protection accrue lors des travaux en terrain meuble.
  • Marquage LG si utilisation régulière d'échelles.
  • Marquage AN pour une protection supplémentaire des malléoles.

Pour les ateliers industriels et les entrepôts logistiques, les priorités sont le confort sur la durée, la légèreté et la protection contre les chutes d'objets. Le niveau S1P ou S3 est généralement requis, selon que l'environnement est sec ou humide.

Points de vigilance :

  • Embout composite si l'entrepôt est équipé de portiques de sécurité.
  • Semelle bi-densité : indispensable pour les longues journées debout — réduit la fatigue et les douleurs musculo-squelettiques.
  • Marquage CI obligatoire pour les entrepôts réfrigérés ou les chambres froides.
  • FO si l'environnement comporte des zones de maintenance avec huiles ou carburants.

Le secteur agroalimentaire exige des chaussures adaptées à des sols humides et potentiellement glissants, avec des contraintes d'hygiène et de froid selon les zones de travail.

  • S2 ou S3 selon que l'environnement est humide avec ou sans risque de perforation.
  • Résistance à la pénétration d'eau (WPA ou WR) : indispensable dans les ateliers de découpe et zones de nettoyage.
  • Marquage SR : la résistance à la glisse en présence d'huiles animales ou végétales est primordiale — un sol carrelé avec graisses est l'un des environnements les plus glissants qui soit.
  • Marquage CI : pour les zones réfrigérées, le travail en chambre froide ou la manipulation de produits congelés.
  • Tige synthétique ou microfibre : matières lavables et résistantes à l'humidité, plus hygiéniques que le cuir pleine fleur dans ces environnements.

Les environnements tertiaires (commerce, hôtellerie, sécurité, accueil) privilégient le confort, l'esthétique et la discrétion, tout en assurant la protection réglementaire. Le niveau S1 ou S1P est le plus souvent approprié.

  • Design sobre : des modèles à la silhouette soignée, proches d'une chaussure de ville ou d'un sneaker, permettent d'assurer la protection sans sacrifier l'apparence.
  • Légèreté : préférer un embout composite et une semelle PU bi-densité pour réduire la fatigue lors des longues journées debout.
  • Marquage A (antistatique) : présent par défaut dans S1, protège des risques d'étincelle dans les environnements électroniques ou commerciaux.
  • Tige en cuir pleine fleur ou microfibre : confort, respirabilité et durabilité au quotidien.

Oui. Les modèles féminins ne sont pas de simples déclinaisons colorées de modèles masculins : ils sont conçus à partir d'une forme (empeigne) spécifique, adaptée à l'anatomie du pied féminin — généralement plus étroit au talon, avec un avant-pied plus large et une cambrure différente.

Les modèles Uniwork destinés aux femmes couvrent les mêmes niveaux normatifs (S1, S1P, S3…) et les mêmes secteurs d'activité que les modèles mixtes ou masculins, avec des pointures allant généralement de 35 à 42. Le confort sur la durée passe par le choix d'une forme adaptée : une chaussure bien ajustée protège mieux qu'une chaussure surdimensionnée.

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Entretien & durée de vie

Les bonnes pratiques pour préserver les performances techniques et allonger la vie de vos EPI.

Le cuir est une matière naturelle qui nécessite un entretien régulier pour conserver ses propriétés techniques et son apparence. Voici la routine recommandée :

  1. Dépoussiérer à sec — Après chaque utilisation, brossez la tige avec une brosse douce pour ôter la poussière et les résidus avant qu'ils ne s'incrustent.
  2. Nettoyer — Utilisez un chiffon légèrement humide avec un savon doux ou un produit nettoyant spécial cuir. Évitez les produits agressifs, l'eau de Javel et les nettoyeurs haute pression qui abîment les fibres.
  3. Sécher naturellement — Laissez sécher à l'air libre, loin de toute source de chaleur directe (radiateur, séchoir). La chaleur excessive craque le cuir et peut décoller la semelle.
  4. Nourrir et imperméabiliser — Appliquez régulièrement une crème nourrissante adaptée au cuir (ou un spray imperméabilisant pour le nubuck et la croûte de velours). Cela prévient le dessèchement, les craquelures et maintient les propriétés déperlantes de la tige.

Fréquence recommandée : un entretien complet au moins une fois par semaine en usage intensif, ou à chaque contact avec la boue, les produits ou l'humidité.

En règle générale, non. Le lavage en machine soumet la chaussure à une chaleur, une agitation et une humidité prolongées qui peuvent :

  • décoller les collages de la semelle ;
  • détériorer les membranes imperméables (Sympatex ou équivalent) ;
  • ramollir les traitements antistatiques de la semelle ;
  • endommager les inserts antiperforation.

Certains modèles conçus en tige textile ou microfibre peuvent supporter un rinçage à l'eau froide, voire un lavage doux en machine à basse température si le fabricant le précise explicitement. Dans le doute, nettoyez toujours à la main avec un chiffon humide et un produit doux.

Il n'existe pas de durée légale fixe imposée par la réglementation : le Code du travail (articles R4323-95 et suivants) impose à l'employeur de maintenir l'EPI en état de conformité — et de le remplacer dès qu'il ne protège plus efficacement, quelle que soit son ancienneté.

En pratique, les durées de vie constatées sont les suivantes :

  • Usage intensif (BTP, TP, industrie lourde) : 6 à 8 mois.
  • Usage standard (industrie, logistique, 4 à 8 h/jour) : 8 à 12 mois.
  • Usage modéré (tertiaire, service) : 12 à 18 mois si bien entretenues.

Un entretien régulier peut doubler voire tripler la durée de vie par rapport à une chaussure non entretenue. Alterner deux paires permet également à chacune de sécher complètement entre deux usages, réduisant l'usure prématurée des matériaux.

Certains signes d'usure remettent en cause l'efficacité protectrice de la chaussure et imposent un remplacement sans délai :

  • Semelle extérieure lisse, fissurée ou trouée : la résistance à la glisse (norme SR) n'est plus garantie — risque de chute.
  • Embout visible ou déformé : si le cuir ou la tige est percé au-dessus de l'embout, l'isolation électrique et l'étanchéité ne sont plus assurées.
  • Décollement de la semelle : signe d'une dégradation des colles, généralement accélérée par la chaleur ou les produits chimiques.
  • Talon affaissé ou effondré : altère l'absorption des chocs (marquage E) et la posture, pouvant provoquer douleurs et blessures.
  • Choc violent subi : après la réception d'un objet lourd sur le pied, l'embout a absorbé l'énergie et doit être considéré comme hors service — même s'il ne présente aucune déformation visible. C'est la règle du choc unique.

Quelques bonnes pratiques simples font une réelle différence :

  • Alterner deux paires : permettre à chaque paire de sécher complètement évite l'humidité résiduelle qui dégrade les colles et favorise les mauvaises odeurs.
  • Sécher à l'air libre, jamais sur un radiateur ou en plein soleil : la chaleur directe abîme le cuir, les membranes et les colles.
  • Remplacer les semelles intérieures régulièrement : elles absorbent la transpiration et perdent leurs propriétés de confort et d'hygiène bien avant la chaussure elle-même.
  • Délacer avant d'enfiler et de retirer : forcer la chaussure sans défaire les lacets sollicite inutilement le contrefort et accélère la déformation du talon.
  • Stocker dans un endroit sec et aéré, à l'abri de la lumière directe et des températures extrêmes.